Ai-je besoin de perdre du poids ? (partie 3)

3. CAUSES POSSIBLES D’UN BLOCAGE

Si vraiment vous devez perdre du poids car vous êtes en surpoids ou obèse, et que malgré vos efforts, rien ne bouge, il y a plusieurs possibilités explicatives. Premièrement, je vous invite fortement à vous rapprocher d’un professionnel de la nutrition. Deuxièmement, il serait bon de faire un bilan complet avec votre médecin, afin de déceler des anomalies dans celui-ci. Peut-être serez-vous redirigé vers un endocrinologue. Pourquoi ? Car il s’agit bien souvent d’un trouble hormonal. Je ne compte plus le nombre de mes patients en hypothyroïdie non diagnostiquée, ou ceux ayant une insulino-résistance sans le savoir.

UN FAIBLE METABOLISME BASAL : AUGMENTEZ VOTRE MASSE MAIGRE !

Vous l’aurez compris à lecture de cet article, je penche en faveur d’une tactique faite sur l’augmentation de la masse maigre plutôt que sur la diminution toujours plus importante des calories. Le tissu musculaire est l’organe le plus énergivore, là où le glucose et les acides gras sont le plus métabolisés. Attention, je ne dis pas que le sport fait maigrir, je parle d’optimiser le tissu le plus gourmand en énergie, même au repos, pour avoir un métabolisme sain. De plus, entraîner régulièrement votre masse musculaire vous permettra de prévenir le risque de diabète et de maladies cardiovasculaires puisqu’elle deviendra efficace à utiliser les nutriments présents dans la circulation sanguine.

LES MAUVAIS ALIMENTS AU MAUVAIS MOMENT ET LE JEUNE

Un autre problème avec les régimes hypocaloriques classiques, c’est qu’ils font souvent l’impasse sur les graisses pour diminuer le plus possible l’apport calorique. En parallèle, vous mangez plus de glucides sous forme de céréales ou légumineuses, puis des protéines animales maigres (yaourt 0 %, blanc de poulet et colin à la vapeur, miam !). Cette stratégie nutritionnelle de départ va (trop bien) fonctionner un certain temps, puis elle trouvera vite ses limites. Problème, il vous reste du poids à perdre, vous allez donc chercher à encore diminuer les calories. Difficile de faire plus faible en calories que du colin à l’eau et des épinards… En plus de cela, vous vous sentez très affaibli, irrité, vous perdez les cheveux, avez le teint blafard, vos menstruations deviennent irrégulières et vous rêvez littéralement d’une pizza et d’une glace chaque nuit. Normal. Votre corps a FAIM, faim de gras, faim de protéines, faim de nutriments.

A ce stade-là, souvent, vous choisissez la mauvaise option. « Pourquoi ne sauterais-je pas un repas, disons le petit-déjeuner, pour relancer la perte de poids ? ». Moins il y a, mieux c’est, non ? Non.

Acceptez de vous faire épauler par un bon professionnel qui saura ce qui est bon pour vous et aura les mots pour vous rassurer. Lui seul peut être apte à vous indiquer quels aliments conviennent à tel ou tel moment, selon votre rythme circadien. S’il est bon, il ne vous parlera pas de jeûne intermittent comme solution pour maigrir. Le jeûne a des propriétés intéressantes et thérapeutiques, mais ce n’est pas notre sujet. Je ne suis absolument pas contre le jeûne, mais celui-ci doit être naturel (non forcé), or, je reçois beaucoup trop de personnes se forçant à sauter des repas, malgré leur faim criante. A ce titre, je rappelle qu’un corps ayant faim doit être nourri, car cela reste une forme de stress pour le corps.

TROUBLES A POSSIBLEMENT INCRIMINES

Parmi les troubles qui peuvent être susceptibles de vous empêcher de perdre le poids restant, ou de perdre du poids tout simplement, il faut envisager :

  • La mauvaise santé de votre microbiote intestinal
  • Un trouble de la fonction thyroïdienne
  • Une résistance à la leptine
  • Une résistance à l’insuline
  • Un dérèglement hormonal
  • Un trop grand stress (celui-ci est particulièrement oublié ou négligé, mais est sûrement le plus important…)

Qu’il y ait une ou plusieurs raisons, il faudra d’abord travailler à résoudre ces problèmes avant de perdre du poids. Cela peut parfois prendre du temps.

SON INCONSCIENT

Voilà quelque chose de bien particulier, et pourtant, c’est une chose assez répandue. Le cerveau, l’inconscient, ces choses sont extrêmement complexes et fascinantes. C’est un puits sans fond de recherche. Une fois que l’on a écarté les hypothèses précédentes, il peut être judicieux de se pencher sur votre bien-être. En effet, il peut se passer deux cas de figure :

  1. Vous mangez des aliments industrielles et junk-food de façon irrépressible car la nourriture est un doudou pour vous. Cela peut être conscient ou non. Le terme « doudou » n’est absolument pas péjoratif, il se veut parlant. Un mal-être profond (perte, trauma, abandon…) vous anime et la nourriture a ce pouvoir de combler un instant ce vide en vous. Le cas inverse, c’est-à-dire, se priver volontairement de nourriture pour avoir une impression de contrôle est aussi également valable.
  2. Vous faîtes les choses dans les règles de l’art mais rien ne fonctionne, parfois même accompagné d’un professionnel avec qui vous avez tenté plusieurs approches. Dans ce cas, il m’est arrivé de diriger la personne vers un suivi psychologique, vers de la sophrologie ou une médecine douce qui travaille sur le subconscient et le lâcher prise. On peut avoir des blocages dont nous ne sommes nous-mêmes pas conscients. L’embonpoint est souvent une manière de nous protéger, au sens littéral, des autres. On opère inconsciemment une distanciation qui se traduit par notre physique, bien que l’on souhaite maigrir. Cette option est souvent rejetée en bloc par l’individu, mais c’est un cas de figure possible et souvent mal interprété. Il y a une dissonance cognitive entre le vouloir et le pouvoir, sur laquelle vous pouvez travailler avec un professionnel. Le bien-être physique et celui mental sont des jumeaux, pourtant, souvent, l’un est laissé de côté. Vous êtes un tout, indivisible.

Certains de mes patients ont perdu leurs kilos superflus accumulés depuis des années, dès lors qu’ils ont pu identifier avec leur thérapeute un psychosomatisme enfoui. Le pouvoir de l’esprit sur le corps est immense.

AGE, HORMONES, BEAUCOUP DE REGIMES

Pour terminer, je dois souligner l’importance de l’âge. Votre métabolisme devient de moins en moins réceptif lorsque vous vieillissez, surtout si vous avez été sédentaire toute votre vie. Il n’est jamais trop tard, mais ayez à l’esprit que les choses seront moins faciles à mesure que vous prenez de l’âge. Le cas des femmes est encore plus parlant à ce sujet, car le chamboulement hormonal présent en péri-ménopause ne vous facilitera pas la tâche. Aussi, plus vous aurez accumulé de régimes dans votre vie, plus il vous sera difficile de rattraper l’effet yo-yo. C’est pour cette raison qu’il est toujours préférable d’être actif et de bien s’alimenter dès le plus jeune âge. Le plus important est de cultiver sa flexibilité métabolique. Il s’agit d’éduquer littéralement votre organisme à savoir switcher entre différents carburants (acides gras et glucose) afin de prévenir tout risque de prise de poids et de maladies de civilisation.

En définitive, cette dernière partie me permet de conclure sur deux blocages très répandus que je constate en consultation : le stress et le subconscient. Il y a un paradoxe assez impressionnant avec le stress : il sert facilement d’excuse lorsque l’on ne trouve pas l’origine d’un problème, mais en même temps, personne ne s’y penche réellement. Pourtant, ses effets sont dévastateurs : inflammation, rétention d’eau, prise de gras, résistance à l’insuline, hypothyroïdie, perturbation de la flore intestinale… Et tous ces paramètres impactés ont un rôle à jouer dans la prise de poids. C’est pourquoi il est important d’identifier les sources de stress dans votre vie, même ceux dont on ne se rend pas compte, avec l’aide de thérapeutes, pour y remédier. Il est parfois nécessaire d’opérer des changements dans sa vie.

Prenez soin de vous 😉