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Il est possible que vous ayez déjà entendu parler du HTMA (Hair Tissue Mineral Analysis, ou analyse minérale des cheveux), et que vous ayez vaguement compris de quoi il s'agit. Peut-être avez-vous même déjà fait un HTMA, mais êtes restée sur votre faim. La raison à cela est simple : le HTMA est un test fonctionnel assez mal compris, d'après mon constat. Beaucoup pensent (y compris des praticiens) qu'il s'agit d'un test pour détecter des carences et des excès de minéraux et de métaux lourds. C'est infiniment plus complexe que ça.
C'est un sujet extrêmement vaste, et même une longue page ne suffira jamais à couvrir tous les aspects de ce test et du travail qui en découle : le mineral balancing. Parce que oui, HTMA et mineral balancing sont deux choses indissociables. Entendez par là que faire un HTMA a toujours pour but de faire du mineral balancing, et rien d'autre.
Alors qu'est-ce que le mineral balancing ?
Le travail de mineral balancing (littéralement « équilibrage des minéraux ») repose sur l'ionomique, une discipline scientifique surtout connue dans le domaine agricole, qui consiste en l'étude des minéraux et des oligo-éléments au sein des systèmes biologiques. L'ionomique permet de caractériser leur rôle dans le métabolisme, l'homéostasie et le fonctionnement cellulaire du système concerné.
L'ionome est hautement dynamique, façonné par des facteurs génétiques, environnementaux et physiologiques. Au-delà de la simple quantification des éléments minéraux, l'ionomique met en lumière la régulation fonctionnelle des ions et leurs interactions avec les réseaux biochimiques.
C'est exactement là que se situe le mineral balancing. Le mineral balancing ne consiste pas à regarder les niveaux hauts et bas sur un HTMA pour les corriger individuellement. Il consiste à équilibrer le système minéral dans sa globalité, en tenant compte des antagonismes, des synergies, et de la question du mimétisme ionique (j'y reviens en détail plus bas). Si vous ne devez retenir qu'une seule chose de cette page, c'est celle-là.
Cette logique de réseau n'a rien d'ésotérique, elle est même l'un des acquis les plus solides de la biologie des éléments traces. Une revue publiée dans Free Radical Biology and Medicine rappelle que 11 des 12 minéraux essentiels ont un rôle mitochondrial direct, et que la mitochondrie est un organite particulièrement riche en minéraux, qui lui servent à mener à bien ses rôles. Un déséquilibre minéral n'est donc jamais « juste » un déséquilibre minéral : c'est un déséquilibre énergétique, enzymatique et redox.
Maintenant que les bases sont posées, et que vous comprenez un peu mieux ce qu'est le mineral balancing (du moins, je l’espère !), on peut passer à la suite.
Un résultat de test HTMA se présente ainsi :


En apparence, il est tentant de verser dans l'interprétation classique « niveaux hauts = j'en ai trop ; niveaux bas = j'en manque ». J'insiste : ça ne fonctionne pas ainsi. Tous les niveaux que vous voyez sur votre résultat doivent être interprétés ensemble. C'est impératif, car c'est ce qui permet de faire ressortir les bons patterns à travailler, les faiblesses et les forces de l'organisme, l'état de fonctionnement global du corps, et d'établir toute la structure du programme de mineral balancing.
Chaque élément n'existe que relativement aux autres. Aucun minéral ou oligo-élément ne fonctionne seul, à l'image de notre corps dont les organes fonctionnent aussi ensemble.
Tout d'abord, il faut savoir qu'un premier HTMA ne raconte pas la même histoire qu'un HTMA de suivi. Le premier HTMA que vous ferez dans votre vie fait état de là où vous en êtes de votre profil minéral actuellement, sur les 3-4 derniers mois, en étant vierge de toute intervention. À l'issue de ce premier test, le mineral balancing démarre, et les HTMA suivants serviront à suivre votre progression pour ajuster le protocole au fur et à mesure des changements.
Un vrai compte-rendu de HTMA fait état de :
C'est la vitesse à laquelle votre organisme convertit les nutriments en énergie. Le cadre HTMA distingue schématiquement des profils rapides ("Fast Oxidizer") et lents ("Slow Oxidizer"), chacun appelant des stratégies nutritionnelles et de supplémentation différents. C'est l'un des premiers éléments qu'il faut déterminer, parce qu'il conditionne à peu près tout le reste du protocole : un même complément peut soutenir un profil et déséquilibrer l'autre.

Le HTMA ne dose pas vos hormones, il ne remplace jamais un bilan sanguin avec un médecin. Cela dit, ce test apporte une lecture hormonale qui n'est pas possible avec une prise de sang : biodisponibilité cellulaire des cofacteurs, réceptivité des cellules à l'action des hormones, impact des hormones sur l'ensemble des minéraux... Et cette lecture est loin d'être anecdotique, parce que la dépendance des hormones aux minéraux est massive :
Côté surrénales, l'axe est tout aussi minéral-dépendant. Le magnésium module la libération de CRH et d'ACTH ainsi que la sensibilité surrénalienne : chez l'animal, la carence magnésique dérégule franchement l'axe HPA et induit un phénotype anxieux. Chez l'humain, une revue systématique de 18 études retrouve un effet du magnésium sur l'anxiété subjective et la réactivité au stress, surtout chez les sujets déficitaires ou stressés. Et la boucle est vicieuse : le stress augmente l'excrétion urinaire de magnésium, qui aggrave à son tour la réactivité au stress.
A travers ces quelques exemples, on constate bien la connexion indéniable entre minéraux et hormones.
Le HTMA fait état de votre niveau de stress et de son impact sur votre corps. Par exemple, vous pourriez avoir un calcium shell (littéralement « coquille de calcium ») : une élévation majeure du calcium tissulaire interprétée comme un mécanisme de mise à l'abri, souvent retrouvée chez des personnes ayant traversé un stress prolongé accablant, ou des traumas non résolus. On constate aussi souvent la configuration de dominance sympathique, le fait de se "pousser" malgré l'épuisement.
Il existe beaucoup de modèles de stress pouvant apparaître sur un HTMA, c'est pourquoi la prise en charge doit être globale et intégrative.
Le HTMA associe certains profils minéraux à des traits de tempérament et de fonctionnement psycho-émotionnel. C'est probablement la partie la plus déroutante d'un compte-rendu HTMA pour une personne qui le découvre. Et c'est ma partie préférée !
Bien que cela puisse sembler fou, sachez qu'un pattern qui ressort sur un compte-rendu correspond presque toujours à une caractéristique clé de ce que la personne vit, fait, ressent ou expérimente (de façon consciente ou non). C'est troublant, mais ça se vérifie à chaque fois !
Et c'est logique : les minéraux mais aussi les métaux lourds façonnent notre comportement. Au cours du mineral balancing, il est très courant de voir des changements de comportement bénéfiques, et c'est ce qui me plaît le plus dans ce travail.
Le HTMA fait état de la présence de métaux lourds (mercure, cadmium... aucun rôle physiologique, uniquement délétères) et de métaux nutritionnels problématiques (comme le cuivre, fer, ou manganèse par exemple, que l'on surnomme les « amigos » dans le jargon du mineral balancing). Ces derniers minéraux sont essentiels à notre santé, mais ils peuvent être présents en trop grande quantité (seuil toxique), ou bien être présents sous des formes biochimiques toxiques inutilisables par le corps (bio-indisponibles). Le HTMA ne permet pas de savoir cela en détail, mais les éliminer est quoi qu'il en soit toujours bénéfique.
Le profil minéral renseigne aussi sur la capacité de défense de l'organisme, via un concept bien documenté : l'immunité nutritionnelle. L'idée est que l'hôte et le pathogène se livrent une bataille pour les métaux. D'un côté, notre organisme séquestre activement le zinc, le fer et le manganèse (via la calprotectine, les transporteurs ZIP/ZnT) pour affamer les bactéries. De l'autre, les macrophages concentrent le cuivre dans le phagosome pour intoxiquer par voie redox les pathogènes qu'ils ont ingérés. Un statut minéral défaillant, c'est un système immunitaire fortement impacté.
Le zinc, en particulier, est un pilier : sa carence altère la lymphopoïèse, la maturation lymphocytaire, la communication cytokinique et le burst oxydatif des phagocytes.
Et il y a encore bien d'autres choses à découvrir sur un compte-rendu HTMA !
Avec les récents sujets sanitaires concernant la présence de métaux lourds dans nos aliments du quotidien, comme les céréales (cadmium) ou le thon (mercure), de plus en plus de personnes se questionnent (à raison) sur leurs effets sur notre santé, et comment s'en prémunir.
Avoir une vie totalement exempte de métaux lourds est impossible. Comme je le répète très souvent aux femmes qui font du mineral balancing avec moi : oui, il y a des métaux lourds partout (air, eau, aliments, sols), oui il y en a dans votre organisme, mais non, ce n'est pas une fatalité et vous pouvez agir. Adopter les bons réflexes et mettre en place les solutions adaptées sont des mesures qui permettent de bien limiter leurs effets sur votre santé. Le mineral balancing fait partie de ces outils, et est pour moi le meilleur. Comment fonctionne-t-il ?
Le mimétisme ionique est le mécanisme central de l'élimination des métaux lourds grâce au mineral balancing. Les métaux lourds n'ont pas de transporteur dédié dans notre organisme, puisqu'ils n'ont aucun intérêt pour notre santé. Pour entrer en nous, ils empruntent les transporteurs des minéraux nutritionnels, parce qu'ils leur ressemblent biochimiquement (charge, rayon ionique, affinité chimique). C'est ce qu'on appelle le mimétisme ionique et moléculaire, décrit en 2005 par Bridges et Zalups dans Toxicology and Applied Pharmacology, référence pivot du domaine.
La conséquence clinique est capitale, et c'est elle qui fait tout l'intérêt du mineral balancing : plus vous êtes carencée en minéraux nutritionnels, plus vous absorbez les métaux toxiques. Les transporteurs sont surexprimés pour capter ce qui manque, et ils laissent passer les imposteurs.
Voyons quelques exemples de couples :
Je pense que vous voyez donc naturellement le processus inverse pour se débarrasser progressivement des métaux lourds : cela consiste à en partie à fournir au corps les éléments manquants pour qu'ils reprennent leur place et que les métaux toxiques soient poussés vers la sortie. Je dis "en partie" car je schématise beaucoup. La mise en place d'un bon protocole est plus complexe que cela, et il y a beaucoup de paramètres dont il faut tenir compte. Mais vous avez l'idée principale !
Certaines personnes accumulent davantage de métaux lourds que d'autres, et pour des raisons parfaitement logiques une fois qu'on a compris le mimétisme ionique :
Il est important que vous gardiez en tête une chose : on ne peut pas cibler le travail en mineral balancing. À l'image du système minéral traité dans sa globalité, on traite aussi le corps dans sa globalité. Vous ne pouvez pas choisir quels métaux éliminer : c'est votre corps qui décide, dans l'ordre qu'il estima adéquat et en fonction des ressources dont il dispose.
Entamer du mineral balancing nécessite donc de comprendre que vous allez potentiellement voir pas mal de choses changer, à la fois physiquement et mentalement, au gré des mois. Ce n'est pas un test adapté aux personnes qui souhaitent un travail précis sur une sphère précise de l'organisme. Faire du mineral balancing, c'est prendre le pack complet ! Et c'est ce qui rend ce travail si unique d'après moi.
Le retraçage (retracing) désigne la réapparition transitoire de symptômes, émotions ou sensations passés, au fur et à mesure que l'organisme remonte son "historique". Une ancienne éruption cutanée, une fatigue qui revient, des émotions qui ressurgissent, un symptôme digestif qu'on n'avait plus eu depuis des années, des flashbacks, certains rêves, un herpès qui ressurgit... La liste est aussi longue qu'il n'y a d'individus. Ce n'est pas une rechute ni une aggravation : c'est le corps qui repasse par des problèmes passés mal résolus, pour les résoudre définitivement.
Ce phénomène se produit assez fréquemment, mais n'est pas systématique. Il peut être déroutant ou désagréable, mais il est transitoire avec le bon accompagnement.
Vous l'aurez compris, le HTMA est un outil singulier. Il ne ressemble pas aux autres tests fonctionnels, en ce sens qu'il est spécifiquement destiné à permettre l'application du mineral balancing. Et le mineral balancing est une façon de travaille bien particulière, qui ne se résume pas à la seule élimination des métaux lourds, bien que ce soit un pan indissociable du reste.
Le mineral balancing est un travail consistant à rééquilibrer l'intégralité du profil minéral d'une personne, et ce processus ne fait aucune distinction : on travaille sur tout l'organisme. C'est un outil que j'intègre à une lecture globale de votre terrain : votre histoire, votre chronologie, votre bilan sanguin, l'état de votre microbiote et de votre digestion, votre profil hormonal, votre charge de stress.
C'est cette exigence-là qui structure The Inner Blueprint ✨
Si vous souhaitez travailler uniquement sur le volet minéral, un pack Mineral Balancing existe, et est ouvert à toutes, même si vous n'avez jamais été accompagnée par mes soins : une consultation initiale est simplement nécessaire au préalable, pour vérifier que ce travail est adapté à votre situation.