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Vous avez fait un protocole contre le SIBO, et il est revenu quelques mois plus tard ? C’est fréquent. Voici pourquoi le SIBO récidive, et pourquoi tout ne se joue pas sur la question bactérienne.
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Le SIBO (prolifération bactérienne de l'intestin grêle) est un problème qui récidive souvent, parfois quelques mois seulement après un protocole pourtant bien mené. La raison est simple : la plupart des protocoles se concentrent sur l'action antimicrobienne, éventuellement la restauration de l'épithélium intestinal, mais une enquête sur l'origine précise du SIBO n'est pas effectuée. Le principal responsable de ces récidives est un défaut du système de nettoyage de l'intestin grêle, le complexe moteur migrant, souvent accompagné d'un manque d'acidité gastrique et autres sécrétions digestives, d'une séquelle infectieuse ou d'une particularité anatomique.
Si vous avez déjà fait un protocole contre le SIBO, vous connaissez peut-être ce scénario : un soulagement, puis les symptômes qui reviennent quelques semaines ou quelques mois plus tard. C'est frustrant, et c'est fréquent. On vous a peut-être laissé croire qu'il suffisait d'éliminer les bactéries pour régler le problème. Mais la réalité est que le SIBO n'est pas seulement une bactérie à tuer, c'est le signe d'une rupture de l'équilibre digestif.
SIBO est l'acronyme anglais de small intestinal bacterial overgrowth, une prolifération excessive de bactéries dans l'intestin grêle. Normalement, le grêle est peu peuplé, très loin des densités du côlon. Quand des bactéries s'y multiplient en excès, elles fermentent les glucides et fibres avant que vous ne les absorbiez, produisent des gaz sur place, et provoquent ballonnements, inconfort et parfois, dans les formes marquées, une mauvaise absorption des nutriments avec les conséquences qui vont avec.
Une précision utile, car le vocabulaire prête à confusion. Ce qu'on regroupe sous « SIBO » recouvre en réalité plusieurs profils selon le gaz produit : l'hydrogène, le méthane (on parle alors de prolifération de méthanogènes), et le sulfure d'hydrogène. Ce ne sont pas des maladies bien distinctes qu'on saurait séparer nettement en pratique courante, mais des profils microbiens dont la caractérisation reste un champ de recherche.
Le SIBO est bien reconnu chez les personnes qui ont un facteur favorisant identifié, comme une chirurgie digestive, un trouble de la motricité ou certaines maladies chroniques.
La réponse tient en une phrase : parce qu'une cure traite la conséquence, pas la cause. La recherche le formule clairement, le SIBO peut être éradiqué par une ou plusieurs cures d'antibiotiques, mais il réapparaît si la condition qui y prédispose persiste. Autrement dit, tant que le terrain reste favorable, les bactéries reviennent occuper la zone par la suite.
La cause la plus importante des récidives est un défaut de nettoyage de l'intestin grêle.
Entre les repas, à jeun, votre intestin grêle est balayé par des vagues de contractions qui poussent vers le côlon les résidus et les bactéries. C'est un véritable système de nettoyage, appelé le complexe moteur migrant. Quand il fonctionne bien, il empêche les bactéries de stagner et de proliférer dans le grêle.
Or, l'absence ou le dysfonctionnement de ce complexe moteur migrant est associé au SIBO. Et le lien est fort : une étude menée chez des patientes souffrant d'entéropathie radique a montré que l'intensité de ce système de nettoyage explique 61 % de la colonisation par des bacilles à Gram négatif dans l'estomac et 71 % dans le duodénum. Autrement dit : quand le nettoyage se fait mal, les bactéries s'accumulent, et une cure risque de ne pas tenir tant qu'on n'a pas relancé ce mécanisme.
C'est exactement là que se joue la récidive. Répéter des cures antibactériennes sur un intestin sans mouvements interprandiaux ne suffira pas.
Le complexe moteur migrant n'est pas seul en cause. Plusieurs éléments du terrain favorisent l'installation et le retour du SIBO, et ce sont eux qu'il faut explorer.
Le manque d'acidité gastrique. L'acide de l'estomac est une barrière naturelle contre les bactéries avalées. Quand il manque, par exemple sous antiacides au long cours, ou à cause du stress chronique, cette barrière devient inefficace. La recherche montre que l'hypochlorhydrie facilite la colonisation bactérienne de l'estomac.
Les séquelles d'une infection. Un épisode infectieux peut endommager durablement la motricité de l'intestin. C'est bien décrit, y compris après une infection virale : un cas rapporté en congrès décrit un SIBO installé après une COVID-19, avec l'hypothèse d'une atteinte des cellules de la paroi intestinale et d'une baisse de motiline. Beaucoup de SIBO qui traînent ont démarré après une gastro-entérite ou une intoxication alimentaire.
Les particularités anatomiques et les maladies de fond. Une chirurgie digestive, une zone de stase, ou une maladie qui ralentit le transit créent un environnement propice. C'est le cas dans des maladies où le transit est durablement ralenti, où le ralentissement digestif prédispose à la prolifération bactérienne.
Et bien sûr, tout ce qui pèse sur votre digestion et votre système nerveux : le stress chronique, qui ralentit la motricité, une sécrétion biliaire insuffisante, un rythme de repas qui ne laisse jamais le temps au nettoyage de se faire. Car le complexe moteur migrant ne travaille qu'à jeun, entre les repas : grignoter en continu est un facteur de risque.
Le SIBO est un motif d'accompagnement très courant, et demande une enquête bien menée pour faire les choses correctement. Voici donc ce que j'explore en priorité, au-delà de la question bactérienne.
Je cherche d'abord ce qui, chez vous, a pu dérégler le nettoyage de l'intestin grêle : un épisode infectieux déclencheur, une chirurgie, une prise prolongée d'antiacides, un transit ralenti, un stress chronique installé. Je regarde la qualité de votre digestion haute, votre acidité gastrique, votre sécrétion biliaire, autant de barrières et de moteurs qui, défaillants, laissent la porte ouverte. J'observe aussi votre rythme de repas, car un grêle qui n'a jamais le temps de se nettoyer entre les prises alimentaires reste vulnérable.
C'est ce travail de fond qui fait la différence entre une amélioration qui dure et un éternel recommencement. Ce temps d'analyse et de réflexion est essentiel pour ne rien laisser au hasard.
Take care 💙
The Inner Blueprint™
Mon accompagnement terrain-based pour les femmes en quête d’un suivi sur-mesure pour leurs troubles chroniques.

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